Le coeur métamorphe


historique de l'écriture du livre

J’espère que vous trouverez du plaisir à le lire. N’hésitez pas à me dire votre point de vue, en m’envoyant un petit mail par notre formulaire de contact. Je vous répondrai avec plaisir. 


Chapitres


Introduction

Ce livre est une sorte de boîte à outils, contenant à la fois les notions psychologiques nécessaires à la compréhension du fonctionnement de chacun, mais aussi les modes d’utilisation de ces idées. Muni de ces informations, armé de l’expérience liée aux exercices proposés, le lecteur pourra orienter sa vie et développer le sens de son être.

Je suis, en effet, frappé par la somme de connaissances mises à notre disposition et par le peu de synthèse de tous ces concepts. Je souhaite donc que cet ouvrage permette les deux aspects : acquisition des principes indispensables, et vision globale qui les replace en perspective, permettant une véritable efficacité.

La difficulté, dans les sciences humaines, tient au fait que chaque spécialité parle de l’être humain à partir de son point de vue. Le psychanalyste expliquera les comportements individuels par les noyaux inconscients actifs, le systémicien montrera comment ces attitudes apparemment individuelles sont absolument dépendantes du système relationnel, le sociologue détectera tous les codes culturels implicites qui éclairent les choix posés par chaque personne, lors même que celle-ci pense être libre et consciente, etc, etc. Et le plus fort c’est que chacune de ces facettes se révèle juste et pertinente !

Ma recherche, ici, sera de réunir les pièces du puzzle afin de donner un tableau cohérent. Le lecteur, ayant refermé le livre, devrait pouvoir se dire : « Des notions, que je connaissais parfois plus ou moins, s’articulent désormais les unes aux autres et me permettent une compréhension synthétique, concrètement utilisable dans ma vie ».

C’est pourquoi je parlerai de ce qui s’agite en nous, déterminant nos attitudes et même notre destin ; mais aussi des relations avec l’autre, plus particulièrement le conjoint. En effet ces relations intimes sont la source des plus grands bonheurs… et des plus grandes souffrances ; nous avons donc tout intérêt à comprendre comment nous repérer dans cette aventure. J’y ajouterai une vision large de la créativité humaine ; traitant pour finir ce qui détermine notre sentiment de bonheur. Et je complèterai par des exercices pratiques en fin de chaque chapitre.

Mais qui suis-je donc pour tenter de transmettre tout ceci ? La question mérite d’être posée, me semble-t-il. Bien souvent, lors de tel débat télévisuel, tel article de journal, je me suis demandé : « Qui exprime ces idées, au nom de quelles valeurs, dans quel but ? ». Je choisis donc ici de dire quelque mots me concernant, tout en sachant qu’il est impossible de me définir suivant une seule facette. Vous le comprendrez aisément lorsque vous lirez le premier chapitre, intitulé « La Complexité humaine », qui montre comment « JE est plusieurs ».

Je citerai donc plutôt, tout d’abord, ce qui me relie à chaque lecteur : comme vous, et comme tout le monde, je suis porteur d’une blessure au cœur, d’un manque, d’une souffrance, d’une insatisfaction, d’une « soif » si typiquement humaine. Que faire avec cette « béance constitutionnelle » (J. COSNIER)? Tout au long de son histoire l’humanité s’est proposée à elle-même deux types de solutions : la réponse clôturante et la réponse découvrante.

La première consiste à tout faire pour mettre un bouchon, pour enfin tenter de perdre cette souffrance. Les systèmes obturateurs ne manquent pas : drogue, alcool, activisme de travail, idéologie bétonnée, dépendances de toutes sortes (y compris relationnelles), boulimie de nourriture, etc, etc.

La seconde consiste à accepter de se voir tel que l’on est et de faire de cette souffrance une occasion de créativité et d’ouverture humaine.

Créativité car si je suis lucide, je dois bien apprendre à faire co-exister intérieurement des motions totalement opposées. Docteur Jekill et Mister Hyde habitent tous deux en moi. Vous lirez à ce propos le chapitre intitulé « Le Cœur Métamorphe » qui a donné son titre au livre. La solution créative consiste à « contenir les opposés » à l’intérieur de soi-même, sans chercher à résoudre, par l’éjection d’un des deux pôles, le dilemme qui en découle. Que se passe-t-il dans ce cas ? Il arrive ce que JUNG a nommé la « coïncidentia oppositorum » : ce frottement des opposés crée une énergie, une tension qui au bout d’un temps suffisant débouche brusquement sur une nouvelle vision des choses, une position « méta », une solution ( parfois le problème n’a pas été résolu mais se trouve dépassé).

Ouverture à l’amour . Lorsque je ne fuis pas la blessure existentielle, installée au fond de moi, que j’accepte de la voir et de devoir compter avec elle, est-ce que je deviens sombre et pessimiste ? Non, car il se produit autre chose. Je commence à sentir en moi une partie très sensible, disons un enfant blessé, souffrant, triste, qui se trouve petit, impuissant, abandonné et qui a besoin de soutien. Au lieu de m’en détourner et de chercher à construire à sa place un personnage masqué, je vais m’approcher de lui avec douceur. Mon désir, sera de le comprendre et de l’entendre. Je m’appliquerai à lui donner son droit d’expression et j’accepterai de pleurer avec lui ses larmes de solitude.

Or ces larmes vont entraîner avec elles, et sortir de mon cœur, le bout de glace qui s'y était planté. Comme Kay, dans le conte "La Reine des Neiges", je retrouve alors un sentiment d'ouverture, de sensibilité délicate. M’autoriser à être vulnérable, fragile, me relie au plus profond de mon humanité. Je ne m’y serais pas attendu, mais me voilà plus vivant, plus près de mon centre. Certains sages africains ont pu dire que les occidentaux, pour s’épanouir et s’ouvrir à la vie, avaient besoin de suivre « la voie des larmes ».

Quand j'ai pu ainsi accepter avec compassion cette partie blessée en moi, sans chercher à la bousculer ou à la faire changer, le pas suivant me mène à observer que chacun d'entre nous abrite ainsi cet enfant fragile, derrière le masque social habituel. Il se passe alors une expérience émouvante : ne me laissant pas arrêter par l’aspect visible de l’autre, par sa persona, je sais qu’en profondeur lui et moi sommes identiques car nous portons tous deux cet enfant en quête d’amour. Alors, d’enfant vulnérable à enfant affamé, je peux m’identifier, me relier, à n’importe quel autre être humain. Je découvre la délicate fleur dont les parfums sont tolérance, respect, compassion, douceur. Bien entendu, en surface tel ou telle m’agace parfois vivement. Mais en profondeur, lorsque je sais et je sens l’enfant blessé en lui, je suis bien près de laisser tomber mes réactions d’énervement. Plus aucun être humain ne m’est étranger. Je suis seul dans ma peau et pourtant intensément relié. La blessure était une ouverture ! Vers le lien avec toute humanité, y compris la mienne.

On aura compris que je donne de la valeur à une recherche de lucidité susceptible de reconnaître d’abord, avant toute action, les aspects les plus variés de l’être humain.

Comment est-ce que cela s’est traduit dans ma vie professionnelle ? Par le choix de devenir psychologue clinicien. En travaillant sur moi-même je développais ma capacité à aider les autres, en aidant les autres j’approfondissais la connaissance de moi-même. Durant des dizaines d’années j’ai apprécié toutes sortes d’approches et de pratiques. D’autant plus que, né en 1944, aîné de six enfants dans une famille aux revenus des plus modestes, je ne disposais d’aucun capital sur lequel me reposer. Je devais donc aller de l’avant. Le bref catalogue ci-dessous résume les diverses expériences qui ont été les miennes.

THERAPIES  HUMANISTES

Deux années de thérapie individuelle et groupale, à Lyon, ont commencé à me faire découvrir l’impact du passage par le corps et les émotions. « L’intellectuel » fut sérieusement décapé par de nombreux stages en Gestalt, Bio-énergie, Rebirth, Analyse Transactionnelle. Ces années 70 voyaient débouler en France des thérapeutes de tout poil, y compris assez « sauvages ». Avec quelques amis, il m’arrive parfois d’évoquer des anecdotes que nous partageons comme des souvenirs d’anciens combattants : tel thérapeute nous étouffait entre deux matelas, au risque d’en mourir si nous ne puisions pas dans cette farouche énergie vitale nous amenant à déployer des forces extraordinaires ; tel autre nous incitait à respirer frénétiquement pendant des temps interminables, etc. Bref, ça bougeait bien… J’ai gardé une bienveillance pour ces approches, puisque j’anime moi-même des stages de développement personnel depuis 1980 ; mais ils se trouvent, par contre, encadrés désormais par une rigoureuse compréhension psychanalytique des enjeux groupaux et individuels.

PSYCHANALYSE

Malgré tout, après bien des aventures thérapeutiques, il m’a fallu constater qu’un noyau pathologique, en moi, était encore à l’œuvre. Des angoisses, de brutales somatisations indiquaient qu’il fallait creuser plus profond.

Cinq années de psychanalyse par le rêve-éveillé, à Clermont-Ferrand, ont représenté un tournant libératoire irréversible. Quel exceptionnel outil, ce rêve-éveillé en séance, permettant de donner une forme aux traumatismes oubliés, aux pulsions refoulées, à la vision du monde de l’enfant que nous avons été, qui vit encore en nous. Puis, non content d’avoir permis cet accès aux grottes secrètes où ronronnent les machineries qui nous gouvernent, le vécu de transformation de ces symboles permet d’aller changer les données-mêmes des logiciels installés lors des expériences infantiles oubliées !

Cette approche extraordinaire mérite d’être infiniment plus connue, et j’en reparlerai un peu plus loin.

J’ai donc ensuite suivi trois années de didactique à Paris et je suis devenu, en 1986, psychanalyste , membre titulaire du GIREP « Groupe International du Rêve Eveillé en Psychanalyse ». J’ai été pressenti pour devenir didacticien, mais d’autres activités me prenaient trop de temps pour que je puisse m’y consacrer. Et à partir de 2002, j'ai créé ma propre école (A.I.R.E.) cf. ci-dessous, pour faire connaître mes recherches sur la psychanalyse rêve-éveillé et mon souhait de l'ouvrir à d'autres personnes que des gens ayant des titres universitaires.

THERAPIES  BREVES

En effet, j’avais aussi constaté que :

  1. bien des patients ne souhaitaient faire que quelques séances
  2. Monsieur et Madame Tout le Monde, dans notre tissu social, se sentaient souvent seuls et tourmentés.

Que faire pour cette « souffrance ordinaire », qui se cristallise fréquemment en symptômes plus lourds, lorsque rien n’est proposé à ce moment-là ? Deux actions : les thérapies brèves, et la création de groupes d’entraide psychologique.

Peu de gens savent qu’il existe des thérapies brèves ( une à six séances ) qui permettent véritablement de sortir de la crise. Yves LAVANDIER, réalisateur du film « Oui, mais… » dans lequel Gérard JUGNOT campe avec réalisme un psychothérapeute provincial, appelle cela « aider la personne à sortir de la fosse à purin ». Deux types de thérapies ont particulièrement cet effet : les thérapies stratégiques et la TBCS (Thérapie Brève Centrée sur le Solution). En gros il s’agit pour l’une de découvrir une autre façon de voir le problème, un autre angle d’attaque, un recadrage dans lequel, fréquemment, le symptôme peut être connoté positivement et devenir source d’une autre attitude que celle adoptée jusqu’alors ; et dans l’autre de faire découvrir à la personne le fait qu’elle dispose de ressources en elle et que la visualisation de la solution favorise l’arrivée de celle-ci. Bien entendu, je résume à l’extrême. L’essentiel à retenir : parfois en une séance, et souvent en quatre ou cinq, la personne retrouve espoir et sentiment de pouvoir sur sa vie.

Ma femme et moi avons donc suivi une Formation à Saint-Etienne et avons été agréés, après trois années, comme thérapeutes familiaux (systémiciens). A l’époque ce fut assez rude intellectuellement car ces thérapies brèves se posaient comme anti-psychanalytiques au lieu de se découvrir complémentaires.

En somme après avoir appris comment aller au plus profond, je découvrais comment on pouvait modestement se mettre au service de gens qui ne désiraient pas faire un long travail sur eux-mêmes.

GROUPES  D’ENTRAIDE  PSYCHOLOGIQUE

Ma femme est elle-même psychologue et psychanalyste (école de JUNG). Tous deux nous avons formé et supervisé pendant de longues années des bénévoles qui faisaient de l’accompagnement aux mourants. Et moi-même je chapeautais d ‘autres bénévoles qui intervenaient auprès de couples en crise.

Or nous constations que ces gens, qui n’étaient pas des psys professionnels, développaient une qualité de présence amenant la personne accompagnée à retrouver peu à peu un contact avec ses propres forces personnelles, ses capacités spécifiques lui permettant de faire face à sa situation.

Nous avons eu alors l’idée suivante : pourquoi ne pas former et superviser des gens qui feraient de l’entraide mutuelle au lieu de réserver leurs compétences aux mourants ou aux divorçants ? Après quelques années d’expérimentation et de mise au point nous avons fait connaître ce réseau de Groupes d’Entraide Psychologique (G.E.P.). Cinq années après sa création, il fonctionnait déjà dans vingt et une villes françaises, et il continue actuellement sa diffusion. Celui-ci se constitue d'une Association (la Fédération des GEP) et d'un organisme de Formation (Promogep).

Concrètement cela se présente ainsi  : après avoir suivi une formation spécifique, durant une année, les gens du réseau peuvent se recevoir mutuellement pour des Entretiens d’Entraide Psychologique (E.E.P.), bien codifiés et donnant lieu à supervision mensuelle. Durant ces E.E.P. chacun se situe tout à tour comme aidant et comme aidé, écoutant et écouté. L’objectif est de s’abstenir de tout conseil, interprétation, questionnement, jugement, au profit d’une attitude particulière d’accompagnement qui permettra à la personne écoutée de (re)trouver elle-même ses propres solutions et ses capacités d’auto-direction.

ANALYSE  INTEGRATIVE  REVE  EVEILLE

Je vous renvoie ici à la présentation de cette pratique.